L’ange et le blé

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Image de Cochonfucius

L’ange vagabondant de surprise en surprise
Voit le blé dont certains tirent le corps de Dieu ;
Cent mille tiges d’or ondulent sous les cieux,
Mille petits moineaux y dansent à leur guise;

Ange, combien pour toi de choses non apprises !
Toi qui étais toujours resté dans ton milieu,
Des prodiges nouveaux se montrent à tes yeux,
La noirceur des raisins, la rougeur des cerises.

Toujours un peu perdu, ton lent chemin tu suis,
Encombré, qui plus est, d’un bout de pain bien cuit,
(À table,ce matin, tu étais de service).

Ange, ne va donc pas te faire du souci :
Tu n’as pas aujourd’hui d’emploi du temps précis,
Laisse, autour de ton corps, passer le temps qui glisse.