Aigle prêcheur

sinazg

Composition de Cochonfucius

Un grand aigle prêcheur, qui nul mal ne tolère,
Dit qu’à faire du bien, l’homme est avantagé ;
Qu’il faut laisser le temps éteindre la colère,
Et savoir écouter, et savoir partager.

Au bélier du jardin, il dit de ménager
L’art du cultivateur, qui lui vaut son salaire ;
Au blaireau du sous-bois, de ne point s’enrager,
Même contre un goupil, qui a tout pour déplaire.

Bientôt, les animaux, cessant d’être rivaux,
S’en vont vers le succès, unis dans leurs travaux,
Satisfaisant ainsi du prêcheur la requête.

Mais notre beau parleur, de son succès jaloux,
Sermonne d’autant plus, pour enfoncer le clou :
Un vain orgueil a fait de son coeur la conquête.