Monde d’argent et d’or

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C’est, loin de tout le reste, un monde sans chemins,
Où des dieux de sinople au rire s’abandonnent ;
Les rares habitants ne font rien de leurs mains,
Admirant, tout le jour, un jardin sans automne.

Leur plus belle musique est le cri des oiseaux
Qui, beau fruit enchanté, tombe du haut des arbres ;
On y entend aussi la chanteuse des eaux
Qui vient s’asseoir, très tard, sur les perrons de marbre.

L’hexapode est rêveur, dans cet air radouci,
Le roi des animaux médite dans la brume ;
Tous deux vont saluant les petits dieux assis
Dont le regard rieur bannit toute amertume.