Ange-hibou

Lautenbach

Un hibou magicien traverse le ciel clair ;
Je vois qu’il est porteur d’une lance de frêne
Dont il a terrassé, plus vif que les éclairs,
Un vieux démon-cheval dont le coeur est en peine.

Si nombreux autrefois, les monstres, les sirènes,
Où sont-ils, désormais ? Les verts bois sont déserts
Où régnait le roi Pan qui jamais n’eut de reine ;
Sa flûte ne joue plus, dans le calme des airs.

Même, des petits trolls, les incessants murmures
Ne se font guère entendre au travers des ramures,
Ce monde est refroidi, perdu, désenchanté.

Au loin, sur la colline, un Bouddha solitaire
Contemple le ciel vide, et s’entraîne à se taire,
Puisque les lendemains ont fini de chanter.