Vestale de sable et de sinople

autre-vestale (2)

Composition de Cochonfucius

Une vestale obscure a survolé le pré
Où de très vieux pommiers perdirent leurs fleurs blanches ;
Et ce surgissement, dans la paix du dimanche
A transformé l’endroit en un temple sacré.

Les oiseaux, saluant le crépuscule ambré,
D’un cantique nouveau leur simple coeur épanchent ;
Même le vieux corbeau, qui, pour voir ça, se penche,
Mâche une patenôttre, ainsi qu’un vieux curé.

La face de sinople, immobile et sereine,
Contemple les oiseaux, digne comme une reine,
Mais sans leur adresser un seul mot de discours.

Autour du pâturage, une invisible faune
Piétine, sans un bruit, les feuilles déjà jaunes,
Reprenant le cantique en un murmure sourd.