Les sept sanctuaires

heptadogme

Composition de Cochonfucius

La rose est au temple d’argent,
Sur le sommet d’une colline :
Elle a des prêtres exigeants,
Puis, quelques vestales câlines,
Ses dévots sont de braves gens.

Au ciel de gueules, temple atroce,
Abritant un dieu-troll joyeux,
On vient y célébrer des noces,
On vient y soigner des corps vieux,
Le desservant n’est pas féroce.

Au ciel d’azur, en un jardin,
Le coq d’or, grave comme un pape,
Tient quelques propos anodins
(Dont un éloge de Priape)
Et conte des récits badins.

La nuit de sinople est sereine,
Où vit le fils du charpentier ;
De sa mère, il fit notre reine,
Et nous enseigna la pitié
En mettant son corps à la peine.

Temple d’or, étrange tombeau
Où des passions je me dépouille,
De Bouddha, les discours sont beaux,
C’est l’épée qui jamais ne rouille,
C’est l’inaltérable flambeau.

Nul ne te voit, vrai dieu de sable,
Sans nom, sans visage, sans mains,
Ordre du monde, inconnaissable,
Tu peux suggérer un chemin ;
Mais c’est une route intraçable.

Mille dieux du temple d’hermine
Sont issus des religions mortes.
Il n’en est pas un qui culmine,
Pas un dont la voix soit plus forte ;
Mais par eux, la nuit s’illumine.