Monstrecerf

Lemberg

Composition de Cochonfucius

Penchant sur l’océan ses deux crânes jumeaux,
Monstrecerf chantonnait un poème, à voix douce,
Adoucissant ainsi du monde les secousses,
Lui apportant la paix des bois et des hameaux.

Le ciel était d’azur, le plus frais des émaux,
Orné de soleils d’or, et non de lunes rousses ;
L’animal vigoureux, nourri de tendres pousses,
N’éprouvait en ce jour la crainte ni les maux.

Heureux qui, comme lui, sa nourriture glane
Sans même rechercher l’abri d’une cabane,
Insoucieux qu’il est de la bise du Nord !

Heureux qui, comme lui, se rafraîchit aux vagues,
Sur ce monde incertain portant son regard vague ;
Heureux, ce monstre-là, dont la conscience dort.