Nef boréale

Helsinki

Composition de Cochonfucius

La nef reconnaissante au grand vent qui la prend
S’abandonne au printemps, quand les vagues la bercent ;
Si le soleil la voit, c’est entre deux averses
Que, très loin vers le nord, son rayon la surprend.

La brise dit des mots qu’un marin ne comprend
Que s’il est abreuvé d’une liqueur perverse ;
Celle que, sur le soir, le capitaine verse
À l’heure où le déclin va Phébus empourprant.

Boréale, la nef ignore les marées
Se reflétant la nuit dans sa coque dorée ;
Comme elle ignore aussi l’appel des tourbillons.

Au-devant de la nef, à peine décelée,
L’observateur perçoit une présence ailée :
Celle de son pilote, un fringant papillon.