Nef sonnante

Le-Tartre-Gaudran

Composition de Cochonfucius

Un moine vagabond s’en va chercher fortune
Sur une nef sonnante, à la merci des flots.
Les lions d’argent, dans l’air, agitent leurs grelots,
Et les poissons volants courent après la lune.

On entend, par moments, le rire de Neptune ;
Le moine, cependant, tient d’apaisants propos,
Pensant que le voyage est propice au repos,
Il va, sans inquiétude, et sans angoisse aucune.

Neptune, que l’excès de candeur divertit,
Cesse de se montrer naufrageur perverti,
Guidant la pauvre nef, évitant le naufrage.

Le moine au dieu païen sacrifie volontiers,
Sans oublier la part du fils du charpentier
Qui, lui aussi, connut la mer par temps d’orage.