Aragne et moine

moine-argent

Composition de Cochonfucius

Un moine était gardien d’une innombrable troupe
De bouquins qu’on devait aux plus sages humains.
Il admirait surtout les plus anciens du groupe,
Dont les mots noircissaient d’antiques parchemins.

Mangeant plus d’une mouche au lieu de bonne soupe,
Une aragne au plafond se tissait un chemin,
Puis descendait parfois, ayant le vent en poupe,
Pour visiter le cloître embaumé de jasmin.

— Aragne, si tu veux, je peux, de ces grimoires,
Tirer mille récits dont ils ont la mémoire :
Nous passerions ainsi d’agréables instants.

— Moine, merci beaucoup, mais épargne ton souffle :
Je préfère écouter les mots de la pantoufle
Qui, sans aucun savoir, est poète, pourtant.