Sagesse d’Arthur

rimbaud

Je n’ai pas oublié ton sourire, Rimbaud,
Ni tes pieds vagabonds, ni ton étrange livre ;
Même si je ne suis bâtisseur de tombeaux,
J’offre cette épitaphe à ton coeur parfois ivre.

Que sur toi, d’Athéna, s’étende le rameau ;
Car en sagesse enfin ta mémoire doit vivre,
Parmi les douces fleurs et les fiers animaux :
Héliotrope, lys, rhinocéros et vouivre.

Maître, tu l’es pour nous en sagesse rusée,
Celle qui par le temps ne saurait être usée ;
C’est pour cela qu’en nous chantent tes fameux vers.

Errant sur la planète au gré de tes envies,
Tu as vécu comme un qui avait plusieurs vies,
Arthur, mangeur de feu, créateur d’univers !