Fin d’Ophélie

Arthur-Spear

Composition de Cochonfucius

Muse à la voix blême,
Chante tes adieux
Dans les chrysanthèmes.

Chante pour les dieux
Du ciel d’amarante,
Mais pas pour mes yeux.

La nuit transparente
Transforme un tombeau
En chair fulgurante ;

Les astres sont beaux,
La lune est humaine
Autant qu’un corbeau.

Ton coeur se promène
Vers les eaux, là-bas,
Toute une semaine ;

Et je n’y vais pas.

Muse de romance
Cueille le jasmin
Dans le parc immense,

Au bord du chemin,
Au coeur des prairies,
Parfume tes mains

De ces fleurs meurtries ;
Tu n’as pas sommeil,
Chante l’insomnie,

Attends le soleil :
Sainte Catherine
Te l’offre vermeil,

Ô muse chagrine.

image de John Everett Millais