Soirs de taverne

bistrot

Photographie de Robert Doisneau

Au comptoir l’homme se dévoile ;
Il n’est plus dans le faux-semblant ;
Il fait, comme sur une toile,
Un autoportrait bien vivant.

Il prend tout son temps pour parler,
C’est chez lui qu’il pourra se taire ;
Est-il pressé de s’en aller ?
On dirait bien qu’il ne l’est guère.

Il développe, puis résume ;
C’est un récit en mouvement,
Il progresse sans amertume
Des pires aux meilleurs moments.

Pourquoi serait-il sur ses gardes ?
Il n’a que des amis, ici,
Le cuistot, la foule bavarde,
La jolie tavernière aussi.