Ermite-empereur

ermite-empereur

Composition de Cochonfucius

L’ermite s’habitue à sa vie solitaire.
Son visage et ses mains se sont mis à brunir,
Sa démarche devient aussi vive et légère
Que celle des grands cerfs qu’il voit vivre et mourir.

Dans le ciel étoilé, pour lui, plus de mystère ;
Dans son coeur, peu de crainte et peu de souvenirs.
Il écoute le vent des confins de la Terre
Qui l’accompagne au temps de veiller et dormir.

Il aime l’eau, la claire ou la trouble et profonde ;
Il vibre dans l’écho de la rumeur du monde
Comme vibre en un temple une âme d’homme pieux.

Il lit de Lao-Tseu les phrases sibyllines
Que répète après lui le pluvian des collines ;
Il fait sa religion de ce livre sans dieux.