Paresse matinale

laziness

Gravure de Pierre Bruegel L’Ancien

Un troll se demandait s’il irait en maraude
Au travers des vergers que baignait le soleil ;
Le monde lui semblait alangui de sommeil,
Comme l’était aussi son regard d’émeraude.

Pourquoi se rendre aux champs, tant de lutins y rôdent !
Bouger, ne pas bouger, après tout, c’est pareil :
Autant laisser couler le breuvage vermeil
Qui procure au passage une sensation chaude.

Du soleil à présent s’alourdit le rayon ;
Un troll n’est point léger comme les papillons,
Il vit de bonne soupe, et non de pure sève.

Il réfléchit encore, et puis il perd le fil,
N’ayant le moindre goût pour ce qui est subtil,
Il ne réfléchit plus, il s’abandonne au rêve.

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