Oubli de l’Empire

br-0392b

Peinture chinoise

Cet ermite n’a plus, d’un Empereur, les yeux ;
Il a d’un bûcheron le paisible visage,
Il a d’un braconnier l’indifférent courage,
Il est sans nul pouvoir, à la face des Cieux.

Il dit : Je finirai mon parcours en ces lieux
Sans vouloir en tirer d’excessifs avantages ;
Le langage du vent deviendra mon langage,
Je ne scruterai plus les arcanes des dieux.

Ainsi qu’est la saison, mon âme sera telle.
Je vais où le chemin me conduit et m’appelle,
Et je deviens celui que je peux devenir.

Aux bois, de gouverner, l’Empereur se dispense,
Ou bien d’administrer primes et récompenses :
Sa paisible vieillesse il veut entretenir.