Honneur à Stéphane

Mallarme-par-Nadar

Photographie de Nadar

Mallarmé, nous chantons ta gloire,
Car tu es très fort (le sais-tu ?)
Et tu composes des grimoires
Ou des sonnets assez pointus ;
Car tu pratiques la science
Des énoncés spirituels
Où s’accomplit ta patience
En de très subtils rituels.

Nadar a fixé ton visage
Sur le papier, où il se tient
En l’absence de paysage
Et semble dire « Tout va bien ».

Maint lecteur à tes mots se trouble
Et veut savoir ce que tu dis ;
Si son acharnement redouble,
S’il cherche, s’il approfondit

Et s’il fréquente les bons sites
Où ton travail est commenté,
Voilà du plaisir fort licite
Qui peut durer tout un été.

Pays sans boussole et sans carte,
Mais j’aime y promener mes pas :
On glisse, on s’étonne, on s’écarte,
On voit ce qui n’existe pas.

Mallarmé, je te dois l’extase
D’itinéraires sans chemins ;
Tes beaux écrits forment la base
De mon cosmos de parchemin.

Qu’on s’en étonne ou qu’on en rie,
Qu’on te trouve un fol ascendant :
Mon jugement point ne varie,
Ce que tu fais, c’est transcendant !