Dindon

Hokusai

Nous avions commandé l’image d’un dindon
À Hokusaï, le peintre ; or, il se fit attendre
Tant que nous, pour finir, lui fîmes bien comprendre
Qu’un excessif retard serait sans nul pardon.

Hop ! Il prend une feuille, il dessine un chardon,
Un vieux mur, le dindon ; voilà, rien à reprendre.
Ce rapide travail ne laisse de surprendre,
D’autant qu’il est plus net que le dur corindon.

« Pourquoi n’avons-nous pas été livré plus vite ?
Lorsqu’on est si véloce, un retard on évite,
À moins d’être guidé par d’étranges motifs. »

Silence. Mais le peintre a sorti des centaines
De dindons : dans des cours, dans des bois, dans des plaines ;
Tous marqués du génie de son coeur inventif.