Ravitailleurs

wald

Perdre, exprès, son chemin dans la vaste forêt :
Un plaisir de poète. Au hasard des empreintes,
Du gazon aplati (est-ce par une étreinte ?)
Des sous-bois où parfois le sentier disparaît.

J’entends autour de moi les chanteurs des guérets,
Les passereaux du jour, dont la joie n’est pas feinte ;
Nul chat errant ne vient leur inspirer des craintes,
Nul chasseur du dimanche avec son chien d’arrêt.

J’écris dans ton ombrage, ô forêt bien-aimée,
Où je vois défiler la pacifique armée
Des insectes glaneurs, de ces petits héros !

Car il leur faut chercher, de l’aube au crépuscule,
Des grains qu’ils porteront, ainsi que des Hercules,
À leurs enfants disant « Encore ! On a les crocs. »

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