Après Roncevaux

Charlemagne et Roland

Miniature

L’âme du preux Roland, soutenue par l’archange,
Va vers le paradis ;
Les pieds de l’empereur pataugent dans la fange,
Ce dont ils sont salis.

Et l’âme d’Olivier monte vers une étoile
Brillant d’un éclat bleu ;
L’empereur a du sang sur son habit de toile
Dessus lequel il pleut.

L’empereur, méditant, une fois de plus songe :
Trahison. Je savais.
Ah ! Le son de ce cor dans mon coeur se prolonge ;
Périssent les mauvais.

Si l’armée à ce cor eût été attentive,
Nous aurions trucidé
Cette troupe qui fut à mon ordre rétive,
Et qui trichait aux dés.

Roland, je me souviens qu’au jour de ta naissance
Naquit un peu de moi ;
C’est ma mort à présent qui dans mon coeur s’avance :
Comment vivre après toi ?