Quatre magiciennes

MusesSueur

Toile d’Eustache Le Sueur

La première inspira des vers et de la prose 
Comme j’en écrivais quand j’avais dix-sept ans ; 
Une autre m’emmena dans les bois envoûtants 
Qui jadis s’étendaient au nord-est de Formose.

Puis une autre m’offrit quelques nuits parisiennes ;
Quelques lettres aussi, sur du beau papier bleu. 
Et puis… Que puis-je dire, à présent, je suis vieux, 
Pourquoi de ces douceurs faut-il qu’il me souvienne ? 

Hélas ! J’ai même appris (un jour d’anniversaire) 
Qu’une charmante amie d’antan ne vivait plus ; 
Ne restent que les mots, combien de fois relus, 
Des lettres que je range au bas d’une étagère.