天人五衰 — Ange perdu

天人五衰

Source image

Archange, ton corps fut jadis de braise,
Il te brûle à présent, le feu du ciel ;
Parfois, tu ressens un effroi réel,
Du temps peut passer sans qu’il ne s’apaise.

Vieil ange perdu, tu grinces des dents ;
Si tu vas au sol, tu crains les averses,
Trop haut, le vertige alors te traverse,
Est-ce toi qui fus si incandescent ?

Ce n’est plus de foudre que tu as faim ;
Ta course n’est plus intersidérale,
Tu laisses flotter ta paresse astrale
Au long des jours dont nul ne voit la fin.

Tu avais connu un si noble sort,
On t’avait remis des armes tranchantes,
Rouillées à présent, ce dont tu déchantes
Croyant y trouver un signe de mort.

Ah, comme il vibrait, ton noble cerveau
Quand tu défendais l’arbre de la science ;
Mais elle a terni, ton intelligence :
L’univers se donne un maître nouveau.