Je suis poète

frontis

Toile de Joseph Severn

Avant le jour, le poète se lève ;
Il ne dort point quand le soleil s’éteint.
Visant un but que jamais il n’atteint,
Son idéal ne se met point en grève.

Lui, l’amateur de forme longue ou brève,
De libres mots, de langage contraint,
Ne lâchant point la notion qu’il étreint,
Tient son ouvrage et le brode sans trêve.

Il ne veut point habiter les sommets ;
Son confort trouve aux lieux où il se met ;
En pleine nuit, il croit à la lumière.

Or, ce rhapsode ou ce barde, est-ce moi ?
Je réponds “oui” ; c’est un acte de foi,
Et grand merci à ma muse première.