Tintements

Saint_Denis_Félix_Benoist_1844_1845

Gravure de Felix Benoist

Cloches de l’Hôtel de Ville
Et vieux carillons des champs,
Dans vos tintements tranquilles,
De beaux jours vont s’écoulant.

Votre son clair nous convie
À bien des plaisirs promis,
À profiter de la vie,
À rencontrer nos amis.

Pour le tournoi qui s’apprête,
Pour la noce et le festin :
Vous sonnez pour toute fête,
Vous sonnez soir et matin.

Pour les heures estivales
Que vous marquez à grand bruit,
Pour la paix dominicale
Et pour la lune qui luit,

Cloches, vous devenez lyres ;
Quand je me réveille tôt,
Vous avez l’air de me dire
Des poèmes matinaux.

Braves carillons rustiques,
Sans ornement, sans émoi,
Marquant des temps identiques
Dans la chaleur et le froid ;

Rien ne vient vous interrompre,
Vous tintez tout à loisir,
Semblant y prendre un plaisir
Que rien ne saurait corrompre.