Je ne sais qui je suis quand je tombe en amour

Rancontre-taurine

Toile de Michel Abbatangelo

Je ne sais qui je suis quand je tombe en amour,
Humain et animal comme le Minotaure
Faisant au labyrinthe un stérile parcours,
Ou comme en promenade un perplexe centaure

Ne sait s’il aime Ariane ou alors sa jument.
Je sais que le désir jamais ne doit soumettre
Le coeur pensant d’un homme à son vouloir qui ment,
Mais jamais du désir n’ai su me rendre maître.

Car une voix lointaine a sur moi tel pouvoir
Que j’oublie qui je suis et quelle est ma nature.
Comment en un tel monde ai-je pu me mouvoir
Jusqu’au déclin de l’âge en restant immature ?

Aimons cette douceur, elle nous adoucit ;
Aimons cette douleur, elle nous rend adultes.
Mais ne nous laissons pas ronger par le souci,
A l’amour trop lointain ne rendons pas un culte.

J’instaure connivence entre le sexe et l’âme,
Je ne veux pas de guerre interne dans mon corps.
Ce cerveau peut produire une violente flamme ;
Mais il redeviendra froid comme du bois mort.

Aucune vanité, on m’a bien fait comprendre
Que je devais tenir mon rang d’homme d’honneur ;
A de telles raisons on ne peut que se rendre,
Avec, il faut le dire, un étrange bonheur.

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