J’aime avoir des idées, je n’aime pas creuser

Impermanence

Toile de Leigh Cohn

J’aime avoir des idées, je n’aime pas creuser.
L’idée a mille feux dès lors qu’elle est nouvelle :
On peut avec plaisir s’en laisser abuser.
Quand elle a trop vécu, nul ne se soucie d’elle,

Elle ne laisse rien, ou presque, en s’en allant.
La bulle de savon, comment la colmater ?
La fille d’un instant peut fuir à tout moment,
Alors, dans les débuts, faut pas la négliger.

Ce qui vient disparaît, c’est l’énigme mystique.
Cela ne revient pas avec une oraison
Ni des lamentations (même fort poétiques).
Fais-en, si tu le veux, thème à méditation.

De janvier à janvier les décès s’amoncellent
Et plusieurs jours par an voient nos larmes briller.
Mais nous le savions bien, que nul n’est éternel,
Et qu’un jour, de sapin nous serons habillés.

Mais la vie après nous pourra recommencer :
La Terre est dans l’espace un merveilleux caillou,
Sur lequel on entend les chants pleins de gaîté
Des peintres, des errants, des poètes, des fous.

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