Ange nocturne

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Toile de Gabor Jeno

Un ange cette nuit sur mon lit s’est penché,
Son souffle a rafraîchi mon vieux front qui ruisselle.
Par les mots de mon ange, un instant abusé,
Je goûtais d’un jardin la douceur éternelle.

Ce jardin fut celui des tous premiers amants,
Eve et le père Adam qui ne surent mater
Le serpent, éveilleur de leur mauvais penchant ;
Et de ce jour leurs yeux n’ont cessé de briller.

En rêve je revis ce grand jardin mystique.
Eve et Adam, voici votre consolation :
On rencontre aujourd’hui des anges prophétiques
Qui portent au jardin notre méditation.

Un rêve, cependant, ne peut être éternel,
Pas même quand il est livré à nos passions.
Mais merci pour ce peu, Seigneur, Dieu paternel,
Toi qui pour moi n’es rien qu’un rêve, une fiction.

J’ai fini de dormir, je vais à mes affaires,
J’évite d’exciter mon imagination.
On peut vivre peinard sur cette vieille Terre,
Manger et travailler et garder sa raison.

Je ne suis pas un prince, et elle n’est pas rose ;
Mais nous nous parlerons, si ça nous fait envie,
Dans le jardin d’Eden qu’un ruisselet arrose,
Où l’ange nous transporte en rêve chaque nuit.

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