Chant de reconnaissance à la femme adultère

Wife

Toile de Walter Girotto

Femme de mon voisin, dans ta bonté profonde,
J’ai trouvé un abri, je n’ai pas froid l’hiver.
C’est toi qui as rendu ma parole féconde
Et joyeux mes écrits, et flamboyants mes vers.

C’est toi qui me conduis au coeur du vaste monde,
Et me fais découvrir des endroits fort divers ;
C’est par toi que j’acquis la lyre vagabonde
Chantant combien le pré d’un autre homme est plus vert.

C’est toi qui fais combattre au gré des oriflammes,
À coups de revolver ou à grands coups de lames
Les hommes devenus de grands coqs belliqueux,

Qui ris de leur malheur d’un beau rire sans âme
Et qui fais voltiger sur ton cou blanc de femme
L’or aux mille reflets de tes si longs cheveux.