L’éternel azur

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Toile de Ad Reinhardt

Redoutons la raison et craignons l’ironie :
Inspirons-nous plutôt du mutisme des fleurs,
Comme fait l’homme simple, ainsi que le génie,
Ou celui qui resta le roi de ses douleurs.

Le sombre puisatier durement nous regarde,
Cherchant à déchiffrer notre coeur transparent ;
Mais peu d’astres sont là, dans cette nuit hagarde,
On a volé la lune, et c’est un peu navrant.

Je voudrais m’évader par un trou de matière,
Faisant mes adieux à l’humanité entière,
Ne plus rien fréquenter de sombre, ni de dur ;

Toutefois, je comprends que l’azur me traverse
Afin de m’épargner les tentations perverses,
Et de me traverser je rends grâce à l’azur.