Baudelaire voit une montagne

05_Der-Wanderer-2

Photographie de Elina Brotherus

Mon ermitage est comme un chalet de montagne,
Où passe, au fil des jours, ma vie sans grande ampleur ;
Je lis les vieux auteurs français dont j’accompagne
Les vers par d’autres vers, comme on plante une fleur

En un jardin fleuri, mais non sans maladresse :
Je n’ai que le talent d’un modeste jongleur.
La langue cependant, généreuse maîtresse,
M’inspire dans le soir (ou le petit matin)

Des phrases que d’inscrire en ce lieu je m’empresse,
Avant de m’endormir dans mes draps de satin.
Ce ne sont que fragments qu’ici et là je glane,

Ça n’a point la grandeur des vieux auteurs latins,
Ni l’étrange douceur des brises océanes ;
Ce sont des mots tracés pour vous faire plaisir,
Vous qui lisez ces vers écrits par un profane.

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