Bal des oiseaux

ernst-birds

Toile de Max Ernst

J’ai vu sur les graviers danser un pélican
Et en face de lui, trois casoars farouches ;
Ils étaient entourés de quarante oiseaux-mouches
Sous le regard ému des canards claudicants.

J’ai vu de beaux oiseaux d’espèces ignorées
Et d’autres familiers, des cygnes, des poussins,
Des autruches faisant onduler leur bassin
Et l’oiseau de Krishna dont les plumes dorées

Lançaient dans le soleil des reflets éclatants ;
La colombe de Dieu, le corbeau de Satan
Et, fidèle à Prévert, le farceur oiseau-lyre.

Mais voulez-vous savoir quel est le plus divin ?
C’est celui que pour Maître ils ont choisi d’élire,
C’est l’oiseau-charpentier qui de l’eau fait du vin.