Aloysius voit une fée

fée

Une fée vient au soir sauvegarder mon coeur,
Ayant, pendant le jour, soulagé la misère
De plusieurs vagabonds. Elle entre en ma chaumière,
Délivrant mon esprit des succubes moqueurs,

Puis me conte un récit des anciens chroniqueurs,
Ou me dit les amours des fleurs du cimetière,
Ou des petits oiseaux l’émouvante prière,
Avec des mots plus doux qu’une pure liqueur.

Un ange, repliant ses ailes de faucon,
Atterrit avec bruit sur le bord du balcon,
Illuminant la chambre au travers des fenêtres.

La fée sort de la chambre et reste auprès de lui ;
Puis, dans le grand silence, au milieu de la nuit,
J’entends battre les coeurs sans chair de ces deux êtres.