Du Bellay voit un cercueil

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Toile de Charles Sprague Pearce

L’âme s’enfuit du corps avant d’être assouvie,
Comme un triste convive en allé au milieu
Du généreux festin que lui offrent les dieux,
Quand de si tôt partir il n’avait point envie.

Vous tous, dont la présence ainsi me fut ravie,
J’évoque votre image en passant par les lieux
Où nous allions ensemble, et je sens dans mes yeux
Comme un goût de pleurer sur mon restant de vie.

Nous ne chanterons plus, ni “Les copains d’abord”
Ni le refrain qui dit “Saint Eloi n’est pas mort”,
Ni le chant de Mandrin, ni d’autres ritournelles.

Perdant un camarade, on perd un peu de soi,
Mais ainsi va la vie, avec sa dure loi,
Existence fugace, et non pas éternelle.

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