Tigre et poète

tiger

Peinture de Liu Danzhai

Je reste sous l’effet de ce poème étrange.
Je suis comme envoûté par son rythme un peu lent
Et qui, dans sa lenteur, ne manque pas d’élan
Ni de saveur mystique aux odeurs de vendange.

La grandeur des félins, l’immensité du Gange
Les muscles pleins de vie et les souffles brûlants,
J’en demeure ébloui comme d’un soleil blanc
Reflété dans les eaux, la poussière et la fange.

Tigres dansant devant mon regard ébloui,
Douceur de la femelle et puissance du mâle,
Un homme, auprès de vous, qu’il serait triste et pâle,

Sauf, peut-être, un poète aux talents inouïs
Qui dans son chant barbare entrelace et emmêle
Les voix du grand félin et de l’agneau qui bêle.