Regardant vers Saturne

beatrice-ii

Gravure de Gustave Doré

Si l’enfer me cuisait d’une ardente chaleur,
J’aurais la nostalgie de ma natale sphère,
Des sentiers forestiers, d’arbres dont la couleur
D’un arbre à l’autre, même, en automne diffère.

J’aurais regret d’avoit été fol, sans valeur,
De n’avoir jamais su conduire mes affaires,
Et même de l’enfer la cuisante douleur
Ne pourrait égaler ce regret mortifère .

Ou si, au paradis, j’entendais le message
Des anges chaque jour, faisant de moi un sage,
Par ce même regret j’en serais détourné.

Mais je n’ai pas regret que mes pensées nocturnes
Fussent pour un amour plus lointain que Saturne,
Telles pensées qu’en vers je ne sais pas tourner

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