Le tarot

Cecilia-Gallerani

Toile de Léonard de Vinci, texte italien anonyme

Par che l’angel, la stella, il sol, la luna
Col mondo, et chi con lui di viver brama,
Odiano la beltà, che il cielo aduna
Nel viso altier de la signora Mama.

Puisque l’ange et l’étoile et que soleil et lune
Et le monde et ceux qui là veulent exister
Détestent le présent du ciel, que la beauté
Noble de notre Dame autant les importune,

Forsi per esser tra le Dee queste una
Che lor spogli del ben, che ‘l valor ama,
O pur, per che ne morte, o ria fortuna
Dal fermo suo voler maj la richiama:

Soit qu’en étant déesse (autant qu’il en fut une)
Elle leur prend leur bien et leur chère fierté,
Ou que ni par la mort ni l’incommodité
A son ferme vouloir il n’est mis de lacune:

però dee creder fermamente ognuno
Ch’un spirtito malvagio habbia costej
Supposta solamente al Bagattino

Apparemment chacun ici s’en va croyant
Que dedans cette dame est esprit malveillant
Par le mauvais jongleur surpassé seulement;

Per poter dire i buoni tarocchi mej
Saran, s’avien ch’io giuochi, et questi uno
Vo trare il Matto ch’è cervel divino.

Pour me pouvoir tirer dès lors un bon tarot,
En choisissant je veux me tenir à carreau:
Je tirerai le Mat, divin entendement.

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