La nostalgie

Werther

Toile de Caspar David Friedrich

Ma jeunesse enthousiaste est maintenant lointaine,
Ce sont neiges d’antan qui ne reviennent pas.
Plus chargé de fardeaux à chaque nouveau pas,
Bientôt j’aborderai la lourde soixantaine.

Ainsi est agencée la condition humaine,
Qu’au soir nous percevons l’approche du trépas ;
L’esprit perd ses moyens, le corps perd ses appas…
Mais parfois un sourire aux beaux jours nous ramène.

Quiconque à son destin voudrait être impassible
Peut au son d’une voix redevenir sensible
Et plonger un instant dans le lac des regrets.

Si la réminiscence est le fait du hasard,
Celui qui la cultive exerce un subtil art ;
Heureux qui chaque jour y fera des progrès.

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